Besoin d’écrire
Une envie d’écrire, pour ne pas dire grand chose, mais pour parler, tout simplement.
De ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent.
Certes cher ami, mais voyez-vous, je souffre d’incontinence labiale, et sans air, ma prose se meurt. Alors comme avec un canidé domestiqué, il me faut la sortir, lui faire prendre l’air. Tel le musicien révisant ses gammes, le photographe affutant son 100-400, tel le voyageur remplissant son carnet de bord, je me permets de déblatérer contre ces blattes qui débattent sur mon humeur et mon coeur.
L’estival se passe et la foule s’amasse sur ces bouts de malheurs, que de mon humeur, dépassent. Voyez amis, camarades, comme le malheur des uns remplit la panse des autres et comme le destin s’amuse à nous priver de nos muses. Voyez camarades comment mon pudique désespoir supplie obscènement un hypothètique espoir d’un retour des beaux jours. Voyez enfin, copains, comment l’éternel clown affiche un sourire triste qui se déguise en joie de ne pas mourir.
Que je vous rassure, je ne suis pas dépressif, ni dans un état nécessitant quelques réconforts. J’avais seulement envie d’écrire, à défaut de sourire. J’avais envie de vous savoir me lire, à défaut de m’écrire. J’avais seulement envie de vivre, avant de mourir.
…
Punaise, c’est quand même fou! Dès que je me penche sur ma plume numérique, je suis envahit d’une mélancolie d’un temps bienheureux alors que le bonheur ne m’a pas quitté. Symptôme contemporain ou mal-être particulier? Bien prétentieux qui pourrait m’en aviser.

