Surveillance
Billet rédigé offline sur mon moleskine, quelques minutes après l’évènemement. Retranscription le soir même.
Je suis à la porte, je les surveille. S’ennuyant fermement devant sa copie, voulant très certainement e distraire, il me remarque, me met en joue, me toise. D’un naturel joueur, je réponds à son invitation et le fixe dans les yeux.
Joueur mais pas méchant, j’adopte un regard franc, neutre, sans dureté, sans menace. Imbu d’insolence et d’inexpérience, il voit dans cette neutralité une forme de faiblesse et se permet, l’horribe garnement, d’esquisser un sourire moqueur à mon endroit.
Ne possédant un égo que légèrement au dessus de la moyenne, je m’autorise à ne pas relever l’affront. Il se permet un gloussement! Le vilain! Benoitement, je conserve mon regard tranquille alors qu’il s’imagine déjà vainqueur de cette joute oculaire (et seulement là). Or, et il comprend rapidement que c’est bizarre, je ne baisse pas les yeux.
Il a pourtant gagné, non? Je devrais faire semblant de surveiller les autres étudiants, non? Je devrai essayer de sauver la face, non? Et bien non. Qui plus est, mon regard ne varie pas d’un iota, et, il ne s’en aperçoit que maintenant, je n’ai pas cligné les yeux une seule fois alors que sa fébrilité lui donne un air de Pascal Sevran. Et là, là, il comprend. Il comprend que pour moi, ça n’a jamais commencé, qu’il n’y a jamais eu de duel, puisqu’il était hors-concours depuis le début.
Il comprend aussi que les minutes n’y feront rien, qu’il n’y a d’autres issues que sa défaite.
Insolent mais intelligent, son sourire disparaît quasi-instantanément. J’éprouve une légère compassion, mais il n’en saura rien, mes pupilles restent muettes.
Une fois les zygomatiques mis hors-service, le petit lascar actionne d’autres muscles: ceux de son cou. Piteusement, il redirige sa tête vers sa feuille, vierge comme Marie.
Ce choc des iris n’aura duré qu’une poignée de secondes, sa violence n’aura affecté qu’un camp (ou “un con”, au choix
). Au moment de rendre sa (blanche) copie, il se montre affable. Insolent … mais bon joueur
lol, je sens que tu vas avoir progressivement pas mal d’anecdotes à nous raconter, xD.
Maranui > tu ne crois pas si bien dire. D’ailleurs, j’en ai déjà un tas mais certains de mes étudiants me lisent alors chut
[…] Je vous avez parler de mes deux neurones il y a quelques temps, ils me sont revenus en tête (haha) ce matin. […]