septembre6
Y a un moment dans ta vie où tu éprouves un vide. Le vide, tu peux l’avoir quand tu quittes des amis, quand tu emménages dans un nouvel appart, quand tu regardes ton compte en banque, mais là, je te parle du pire des vides: le vide existentiel.
C’est un vide qui, quand tu regardes ta vie, te fait douter de l’existence de celle-ci. La question fatidique retentit alors dans ta tête: “Qu’est-ce que j’ai fait de ma vie depuis ces XX années ?” (remplace XX par ton âge).
Souvent, tu attends quelques secondes, espérant que la réponse, se balladant dans le coin, vienne te voir, mais non. Alors pour ne pas croire en Dieu faire une grosse connerie, tu changes de sujet … Et là, la petite soeur de la question fatidique, qu’on appelle aussi la question existentielle, vient te voir (en fait, en venant, elle a tabassé la réponse à la question fatidique, les deux soeurs se serrant les coudes) et te vient à l’esprit: “Qu’est-ce que je compte faire de ma vie ?“.
A ce stade de la narration, mon (ma) cher(e) ami(e) lecteur/lectrice, deux cas de figures se présentent:
- Soit tu as déjà vécu ces moments et tu sais qu’on ne peut rien faire d’autre qu’attendre que le blues (le grand frère des deux questions) s’en aille de lui même (oui, tu peux te bourrer la gueule, mais c’est passager et le lendemain, ça fait mal à la tête),
- Soit tu ne connais pas encore cette dure épreuve de la vie, et dans ce cas … ben … rien
La première question, la fatidique, peut facilement être éclipser: des excuses aussi bidons que “demain je m’y mets” ou “je savais pas ce que je voulais” sont et resteront des remèdes simples et efficaces.
Mais la seconde question, l’existentielle, la grosse pute vicieuse, ne se satisfait pas d’un tour de cabriole et d’une vague promesse. Alors que la première vit dans le passé et s’oublie facilement, celle-là vit dans le présent et toutes les formes de futur (proche, lointain, imparfait).
Alors quoi? Hein? Quelqu’un a une idée?
Je pense humblement que c’est à ce niveau là d’une vie que tout part peut partir en couille. Vivre sans réponse à la question existentielle est effrayant (je sais de quoi je parle) et l’homme est un animal peureux par nature. Alors chacun se trouve une idée, un but auquel se raccrocher.
Celui-ci voudra amasser de l’argent, celui-là des conquêtes. L’un cherchera à se venger de tout le monde, l’autre voudra aider le maximum de gens, mais tous le feront dans le but de donner un sens à leur vie.
Mais combien prennent la peine, le temps, de chercher ce fameux but? Combien se raccrochent plutôt aux buts des autres, de leurs parents, de leurs amis pour s’entourer de la chaleur réconfortante qu’apporte la réponse (même fausse) à la question existentielle ?
Combien ont le courage de tâtonner, en prenant le risque de cogner leurs orteils métaphysiques sur les coins de meubles métaphoriques dans l’obscurité des nuits que sont nos vies oniriques?
Ami, amie, ne me laisse pas seul dans la quête du but de ma vie. Si toi aussi tu ne sais pas où tu en es, ne cherche pas à être le plus beau, le plus riche, le plus populaire ou le plus intelligent. Accepte de vivre avec l’angoisse de ne pas savoir ce que tu dois faire, en te rassurant à la faible lueur de la chandelle de la certitude de ne pas faire quelque chose qui ne te convient pas
Faible consolation, je te l’accorde, mais même si on ne se voit pas, tu pourras toujours m’appeler, je serai là pour te rassurer, et j’espère que tu feras de même. D’ailleurs, si dans ta nuit, un meuble bouge, ne tape pas dessus, tu pourrais me faire mal …
A bientôt.