Je vous avez parler de mes deux neurones il y a quelques temps, ils me sont revenus en tête (haha) ce matin.
Fumemi et Fumemoi sont aux avants-postes, aux premières loges: mes yeux. Ils ont glissé le long des nerfs oculaires (et non le cul à l’air) pour se délecter du spectacle de ce matin: une surveillance d’examen de L1. Bien que Fumemi soit philanthrope au moins autant que Fumemoi est misanthrope, ils rigolent de concert devant ces jeunes naïfs qui pensent pouvoir tricher sans se faire prendre.
Petit intermède à mes lecteurs n’ayant jamais surveillé d’examens. Détecter qui triche est FABULEUSEMENT FACILE. Il ne s’agit même pas de surveillance ou de recherche mais simplement d’observation. La salle d’examen, 5 minutes après la mise en marche (théorique) des cerveaux estudiantins, ressemble à une mare. Un plan d’eau tranquille à la surface lisse comme une peau de bébé
Au bout d’une dizaine de minutes, le tricheur potentiel (mais ils sont souvent plusieurs) constate qu’il est dans une merde sans nom et que le seul moyen de ne pas avoir une note qui ressemble à la tête à Toto est de jeter de façon totalement hasardeuse, sans faire exprès du tout, un oeil sur la copie du voisin.
Et là, la mare se trouble de rides qui ressemblent plus à des tsunamis qu’à autre chose. Tricher se voit comme le nez au milieu de la figure et c’est réellement jouissif de voir cette candeur imbécile germer dans ces esprits en incubation.
C’est donc exactement ce spectacle drolatique au possible que Fumemi et Fumemoi viennent voir, poussant mes rétines et leur myopie dans un coin de mes globes oculaires.
Et ce matin, on peut dire que la pêche est bonne. Du menu fretin, qui arrête de tricher au premier coup d’oeil accusateur porté par le prof, mais aussi des grosses prises, comme ces deux pimbêches qui essayeront de parler dès que j’ai le dos tourné (Fumemoi me suggère même de leur tourner le dos exprès pour pouvoir les choper ensuite) durant tout l’examen.
A ce triste ballet désenchanté, Fumemi dit qu’il trouve malheureux tous ces jeunes qui trichent. L’énergie du désespoir leur coûte tellement plus que de simples révisions. Et qu’en plus, tous ces petits prennent là de bien mauvaises habitudes. Fumemoi le raille puis il s’emporte.
Lui, ce qui l’énerve, c’est que ces petits cons n’ont même pas le respect de tricher sans se faire prendre. Ils ne prennent même pas la peine de préparer leur anti-sèches. Un scandale, une infamie, un foutage de gueule en bonne et due forme. En pleine colère, il déclare: “Ca m’énerve ce manque de classe, ce désespoir stupide issue d’une bêtise sans raison. Se faire prendre en train de tricher… c’est vulgaire”.
Alors qu’il devient tout rouge (normalement, un neurone, c’est gris/bleu), Fumemi se rapproche pour lui masser les épaules (oui, je n’ai peut être que deux neurones, mais ils savent parler, ont des épaules, boit, fume et disent des gros mot) et lui rappeler de respirer parce que le costume de Grand Schtroumpf ne lui va pas bien.
Fumemoi s’adosse à la rétine, regarde les deux pimbêches et leur lance un dernier regard dédaigneux. Il me dit alors d’aller m’asseoir pour terminer la lecture de NewsWeek parce que ces gamines ne valent pas qu’on (il parle de lui qu’on il dit ‘on’) se fâche